François Rispe, Directeur Général Prologis Europe du sud, a présenté hier à Paris les résultats d’une étude menée en Amérique du nord, en Europe et en Asie afin de déterminer l’impact du e-commerce sur l’immobilier logistique
L’e-commerce représenterait aujourd’hui un volume d’affaires d’environ 750 Md$, les projections pour 2020 établissant ce chiffre à 1.500 Md$
Avec une croissance annuelle de 10 à 20% en moyenne (30% en Chine actuellement après plusieurs années à plus de 100%), ce secteur croît beaucoup plus vite que le reste de l’économie et représente en 2014 près de 10% des prises à bail (15% prévues dans cinq ans). « Ceci a un impact fort sur l’organisation de la logistique ainsi que sur la nature de la demande en immobilier logistique » analyse François Rispe. « D’une part, l’e-commerce génère des besoins en surface supérieurs au commerce traditionnel
En effet, les e-commerçants proposent généralement des gammes plus larges avec de nombreuses références (souvent stockées sur mezzanine), n’ont pas de magasins mais des stocks tampons supérieurs, fonctionnent beaucoup en mode préparation de commande et ont besoin d’espace pour traiter les retours
Quand un commerce traditionnel compte 250.000 m² de magasin et 30.000 m² d’entrepôt (pour 1M$ CA), l’e-commerçant a besoin de 100.000 m² d’entrepôts
Ne fonctionnant généralement pas en mode cross-dock, l’entrepôt e-commerce doit avoir davantage de portes à quai et réparties sur un seul et même côté
D’autre part, l’e-commerçant a des besoins en main d’œuvre supérieurs ce qui nécessite de dédier plus de surface aux hommes (bureaux, repos, parking, toilettes…) et de prévoir l’accès aux bassins d’emploi
Il a également des besoins en sécurité (des hommes et des marchandises) et en puissance électrique (pour le SI) supérieurs
Enfin, le choix de l’emplacement est souvent différent, un gros e-commerçant préférant opérer avec un gros entrepôt central et un petit entrepôt urbain en périphérie des grandes villes » explique-t-il
L’inadéquation déjà constatée entre l’offre et la demande en immobilier logistique ne peut aller que grandissant, à moins de construire de nouveaux bâtiments. PM
Photo : François Rispe