Le e-commerce se porte bien en France : 450 M de colis livrés l’an dernier, provenant de plus de 180.000 sites marchands, sans doute la barre des 200.000 sera-t-elle d’ailleurs dépassé avant septembre prochain
En 2014, la Fevad estime que l’e-commerce représentait 112.000 emplois directs
Mais la digitalisation créera-t-elle réellement des emplois ? Pour l’économiste Nicolas Bouzou, adepte de la « destruction créatrice », pas de doute, nous sommes en train de vivre la plus grande vague de mutation « schumpeterienne » depuis l’époque de la Renaissance
Et même si l’on ne connaît pas encore le « point d’aboutissement », il considère que le potentiel d’emploi est énorme, dans « tout ce que demain l’homme fera mieux que l’intelligence artificielle »
Cela dit, il reconnaît également que lors de ces périodes de progrès qui changent la conception du monde, et font s’écrouler un ancien monde, il faut pouvoir donner de la flexibilité mais aussi de la « réassurance » au gens dont l’emploi est menacé. « Google Trucks arrive aux Etats-Unis dans 5 ans et il va supprimer 400.000 emplois » déclare Nicolas Bouzou qui prédit, avec un zeste de provocation, que « les emplois de chauffeurs seront même interdits d’ici 10 à 15 ans »
La Députée de l’Eure et Loire Laure de la Raudière met les pieds dans le plat : « la classe politique ne dit pas la vérité aux Français sur la mutation des métiers, sur les modèles économiques et sur les politiques publiques qui vont être transformées par les enjeux du numérique
Les start-up et le haut débit ne sont que la partie émergée de l’iceberg mais il y aura des mutations en profondeur de la société dans la santé, l’éducation, la sécurité, la justice, etc. ».
Sa position : plutôt que de surprotéger l’ancien monde, il vaut mieux contribuer à construire le nouveau, celui où les consommateurs veulent aller, et encourage la création de nouveaux emplois en France
Stéphane Treppoz, le PDG de Sarenza.com, milite également pour une simplification des contraintes règlementaires des entreprises de l’économie digitale et la mise en place d’un cadre de concurrence équitable
Cela dit, même si Sarenza.com a créé des emplois, il ne cache pas ses doute quant à la capacité du numérique à créer plus d’emplois qu’il en détruit. JLR