Mais qu’est-ce qui a bien pu pousser Savoye (et le Groupe Legris Industrie) à vendre Retrotech à la société Egemin ? Au lendemain de cette annonce (1), la question reste posée
Car si officiellement l’industriel explique cette cession par l’absence de synergie entre sa société Savoye et sa filiale américaine Retrotech, on peut légitimement s’interroger sur la crédibilité d’un tel argument
Rappelons-nous en effet que l’acquisition de Retrotech, finalisée en 2011, représentait pour Savoye une porte d’entrée sur le marché américain
Une formidable opportunité pour exporter le savoir-faire français Outre-Atlantique au travers d’une société d’ingénierie logistique complémentaire, disposant sur place de compétences au plan technique et commercial
Profitant de la reprise économique aux US mais aussi d’une accélération de l’automatisation liée au e-commerce, cette acquisition judicieuse a d’ailleurs tiré la croissance et la profitabilité du groupe
Alors pourquoi s’en séparer maintenant ? Certes la valorisation actuelle (40 millions de dollars) permet une plus-value intéressante, mais du même coup prive Savoye de ses ambitions dans cette partie du monde
Le gain généré par cette opération sera-t-il réinvesti dans la société pour lui permettre de se renforcer en Europe ou ailleurs ? Préfigure-t-il au contraire un désengagement de Legris dans ce domaine et le début d’une vente par appartement ? Sans préjuger des décisions qui naturellement incombent aux actionnaires, on peut toutefois espérer qu’elles préserveront les intérêts de cette belle PME industrielle française. JPG
(1) voir article ci-dessous