Haropa Port a traité 3,2 millions d’EVP sur 2025. ©Eric Houri/Haropa Port
« Un bon cru malgré un environnement très changeant ». C’est en ces termes que l’année 2025 de Haropa Port a été résumée hier par Benoît Rochet, le directeur général de l’établissement public qui réunit depuis 2021 les ports du Havre, de Rouen et de Paris. L’an dernier, dans un contexte international marqué par les incertitudes économiques et les tensions géopolitiques, l’ensemble fluvio-maritime de l’axe Seine a vu son trafic global progresser de 2% (84,7 Mt de marchandises transportées), comme lors de l’exercice précédent (voir NL 4142). En 2025, en dépit d’un nouveau repli de son trafic de vracs liquides (-0,7%, à 39,7 Mt), Haropa Port a donc pu continuer sur sa lancée grâce à une forte augmentation des vracs solides (+ 10%, à 12,9 Mt) et du flux conteneurisé qui a franchi un nouveau cap historique avec 3,2 millions d’EVP traités (+ 4%), pour un tonnage de 30,5 Mt (+ 2,1%). Cette hausse concerne aussi bien l’hinterland (+4%, à 2,29 M d’EVP) que les transbordements qui ont enregistré (+2,1%, à 927.000 EVP). Autre motif de satisfaction pour Haropa Port en 2025, l’évolution de la part modale combinée du fluvial et du ferroviaire. Portée surtout par la spectaculaire augmentation de 18% du nombre de conteneurs acheminés par train depuis et vers l’hinterland (145.000 EVP), cette part s’élève à 20,3% (contre 19,7% en 2024). « Nous avons démontré l’an dernier qu’il est possible de conjuguer performance économique et ambition climatique au service des territoires et des filières tant industrielles que logistiques », considère Benoît Rochet. Et l’établissement public ne compte pas s’arrêter là : après avoir investi 1,1 Md€ dans la modernisation et la transition écologique de ses infrastructures sur la période 2020/2025, Haropa Port souhaite investir ce même montant entre 2026 et 2030. L’an dernier, les investissements se sont élevés à 190 M€, permettant le lancement de projets structurants comme ceux de la chatière à Port 2000 au Havre (voir NL 4157) et du futur Port Seine Métropole Ouest (PSMO) dans les Yvelines (voir NL 3917). Haropa Port va aussi poursuivre sa stratégie de préparation et mise à disposition de terrains pour l’industrie et la logistique, ayant aujourd’hui la possibilité d’aménager 456 ha en Normandie et 30 ha en Île-de-France, entrant dans le cadre de la loi ZAN (Zéro artificialisation nette). « En réutilisant des terrains déjà artificialisés dans une logique de reconstruction du port sur le port, nous pourrions commercialiser entre 700 et 800 ha de terrains à horizon 2030 », souligne Haropa Port. AD
Auteur :
Armindo Dias