Parmi les 18 projets pilotes qui ont permis de tester ce label LCBI Logistics figurait celui d’entrepôt frigorifique conçu et réalisé par Idec pour la Semmaris sur le MIN de Rungis. ©Groupe Idec
La notion d’entrepôt « bas carbone » va pouvoir tomber les guillemets, en tout cas dans le cadre du label LCBI Logistics que vient de lancer officiellement la Low Carbon Building Initiative, fondée en 2022 par l’Association pour le développement du bâtiment bas carbone (BBCA) et un collectif d’acteurs majeurs de l’immobilier. Après avoir défini un label bas carbone LCBI pour les bureaux, les hôtels ou le résidentiel, son adaptation pour les bâtiments logistiques résulte de 18 mois de travaux et d’échanges, accompagnées par un consortium de spécialistes de l’immobilier logistique : investisseurs, développeurs, constructeurs et mêmes propriétaires-exploitants*. Le tout en lien étroit avec l’ensemble de la filière hexagonale dans le cadre d’un partenariat stratégique avec Afilog, même si un des atouts de ce label LCBI Logistics est de proposer un cadre paneuropéen harmonisé, applicable sur les 10 marchés majeurs européens (France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Belgique, Espagne, Italie, Pologne, République tchèque et Luxembourg).
Niveaux Standard, Performance ou Excellence
Téléchargeables sur le site de LCBI, la méthodologie et les grilles de calcul ne sont encore disponibles qu’en anglais, mais une VF est en préparation. Le label LBCI Logistics repose sur trois indicateurs de performance carbone à documenter, avec les notions de carbone embarqué (embodied, liées à la construction du bâtiemnt), de carbone opérationnel (les consommations énergétiques liées à son exploitation), et la notion moins classique de biogenic carbon (qui prend en compte le carbone stocké dans les matériaux bio-sourcés utilisés, en l’occurrence le bois). On notera que cette première version du label ne concerne que la construction de bâtiments logistiques neufs, mais aussi bien les sites de plain-pied qu’à étages, ceux de cross-docking ou que ceux axés sur la logistique urbaine, le tout quelles qu’en soient les conditions de température (des zones chauffées à celles en surgelé).
Le mode de calcul établit un score qui permet de décrocher ce label LBCI Logistics décliné en trois niveaux : Standard, Performance et Excellence. On notera qu’au fil de leur élaboration, cette méthodologie et ses différentes valeurs de seuil ont été testées sur 18 projets pilotes en Europe, dont celui d’entrepôt frigorifique sur 2 niveaux mené par Idec à Rungis, dévoilé avant l’été. Ils compteront sans doute parmi les premiers à décrocher le label, au terme d’un processus de certification assuré par deux organismes tiers, Certivea ou Bureau Veritas. MR
* AEW, APRC Group, BNPParibas Asset Management, Baytree, GSE, Lidl et Virtuo, plus récemment rejoints par Stef et le Groupe Idec, sous la la coordination d’une commission technique pilotée par Artelia, ELAN et Elioth (by Egis)
Auteur :
Maxime Rabiller