Un système Dropper de Ouidrop vu du client, ici dans un drive Leclerc, sachant qu’une douzaine d’adhérents de l’enseigne s’en sont déjà doté. ©Ouidrop
Avril aura été faste pour Ouidrop, « pionnier du retrait autonome de courses en ligne » selon le pitch de son directeur général, Paul Ponsar, suivi d’un prix au Start-up Contest du dernier SITL. Trois semaines plus tard, c’est une levée de fonds de 7 M€ qu’annonce la start-up bordelaise, avec quatre nouveaux investisseurs –Épopée Gestion (via sa structure Xplore de capital-innovation Xplore, SWEN Capital Partners, GSO Innovation et le Crédit Agricole– qui rejoignent Spring Invest, meneur d’un premier tour de table de 2 M€ à l’été 2023.
Fondé dès 2017 avec un focus sur l’automatisation, Ouidrop aura eu le déclic sur fond de Covid et de l’essor des courses en ligne, en concevant pour les drives son système Dropper qui automatise la remise aux clients de leur commande, avec l’atout de stocker sec, frais ou surgel. Sa 1ère installation en 2024 a déjà été suivie d’une grosse douzaine d’autres, pour l’essentiel dans le réseau d’E.Leclerc dans Paris ou d’autres villes, mais aussi deux pour la Coopérative U, ou un premier chez Intermarché (tout récent, au Pays basque). S’adaptant à la configuration de sites exigus (30 m² a minima), sa solution répond à l’enjeu de rentabilisation des drives en réduisant leur coût d’exploitation jusqu’à 30% (personne sur place) et permettant d’augmenter d’autant leur activité (retrait possible H24).
Objectif : 500 installations pour 2030
Conception, fabrication, assemblage, installation et maintenance, Ouidrop entend conserver la main sur toutes les étapes, comme par exemple Exotec. Et sa feuille de route prévoit de doubler chaque année le nombre de mises en œuvre : 12 l’an dernier, 26 prévues cette année, jusqu’à atteindre les 200 par an à l’horizon 2030. Cette industrialisation l’amène aujourd’hui à déménager vers un nouveau site de 3.000 m² à Bruges, au nord de l’agglomération bordelaise, avec un enjeu de structuration des méthodes et process de production, et son équipe actuelle de 50 personnes devrait vite s’étoffer.
En parallèle, l’autre défi à relever est évidemment commercial, « pour faire du Dropper et des solutions autonomes le nouveau standard du parcours des courses du consommateur », fait valoir Thibault Soulier, le fondateur et président de Ouidrop. Après avoir percé dans les réseaux de la grande distribution constitués d’adhérents, des partenariats d’ampleur se profilent avec les enseignes intégrées. Mais sans négliger d’explorer d’autres cas d’usage et secteurs : colis, retail, logistique du dernier km ou en circuit court. MR
Auteur :
Maxime Rabiller