©S.Trouvé
Depuis des semaines, tout le monde y pense, et pas seulement Donald Trump : quand va-t-on enfin « revenir à la normale » dans le détroit d’Ormuz, dont le blocage actuel asphyxie l’économie mondiale ? Et en attendant cette hypothétique issue, chaque pays s’efforce de faire preuve d’un maximum de résilience. Mais la résilience ne réside-t-elle que dans cette capacité de s’adapter à une crise à l’instant T ? Dans la rubrique Parole d’Expert dans notre numéro de mai, Salomée Ruel, Professeure de Management Logistique à l’EMLV Business School s’est posé la question très inéressante de la définition de la résilience, tout du moins en ce qui concerne l’univers de la Supply Chain. Ses travaux de recherche l’ont amené à enquêter auprès d’une cinquantaine de professionnels de la SC en France. Et les résultats font état de trois registres complémentaires de la résilience. Les deux premiers sont somme toute assez classiques : la capacité d’adaptation au moment de la crise et l’agilité structurelle (rendue possible par un design de l’architecture SC en amont). En revanche, selon elle, l’importance de la troisième dimension « post-crise » de la résilience est largement sous-estimée : celle des boucles d’apprentissage, de la documentation du retour d’expérience pour en tirer un maximum d’enseignements pour l’avenir. Car Salomée Ruel en est persuadée, il n’y a pas forcément de retour à la normale, et chaque crise constitue un test grandeur nature pour la résilience. Le Covid, l’inflation sur les coûts logistiques, la guerre en Ukraine, les tensions en Mer Rouge, les droits de douane, le détroit d’Ormuz… Next ? Jean-Luc Rognon
Auteur :
Jean-Luc Rognon