Après la pandémie, l’Ukraine et les tensions en mer Rouge, le détroit d’Ormuz signe un nouveau stress test pour les supply chains mondiales. Mais qu’entend-on vraiment par « résilience » ? Salomée Ruel, professeure de management logistique à l’EMLV (Pôle Léonard de Vinci), rappelle que la réponse conditionne les choix de stocks, de sourcing et d’investissement.
Le détroit d’Ormuz nous rappelle une vérité que beaucoup d’entreprises préfèrent encore traiter comme une hypothèse lointaine : une supply chain mondiale n’évolue plus dans un environnement simplement incertain, mais dans un monde où le choc géopolitique, logistique, énergétique ou réglementaire peut devenir quasi permanent. Après la pandémie, les pénuries, l’inflation sur les coûts logistiques, la guerre en Ukraine, les tensions en mer Rouge… Voici donc un nouveau stress test grandeur nature pour la résilience !
De quoi parle-t-on exactement quand on parle de « résilience » ? Sur le papier, le terme fait consensus. Dans les faits, il reste flou. Pour certains, être résilient consiste à revenir le plus vite possible à la normale. Pour d’autres, il s’agit plutôt de s’adapter durablement à une nouvelle réalité, voire de transformer ses schémas de fonctionnement. Cette ambiguïté n’est pas qu’un débat académique. Elle pèse directement sur les décisions d’investissements, sur les priorités opérationnelles, et sur la manière d’arbitrer entre stocks, sourcing, outils digitaux, gouvernance ou apprentissage organisationnel.
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