Les transporteurs pourraient décider de se mobiliser suite à la fin des aides carburant pour le TRM. ©Adobe Stock
Pas de miracle pour le TRM. Le gouvernement a confirmé hier que le secteur était exclu de la quatrième vague d’aides financières destinée à compenser la hausse du prix des carburants chez les professionnels. Une décision justifiée par le fait que les transporteurs sont théoriquement en mesure de répercuter les hausses en pied de facture grâce au mécanisme légal d’indexation du prix du gazole. Ce qui n’a pas manqué de susciter colère et indignation dans les principales fédérations du secteur. « Elle est injuste et dangereuse pour la survie de nos entreprises, a ainsi fait savoir l’Organisation des Transporteurs Routiers Européens (OTRE). Elle l’est d’autant plus que l’argument apporté par le gouvernement pour la justifier méconnaît profondément la réalité économique du secteur. Certes, un mécanisme légal d’indexation du prix du carburant existe dans le TRM, mais ses modalités concrètes de calcul et d’application restent largement déterminées par les négociations commerciales ». En d’autres termes, nombre de grands donneurs refusent ou négocient fortement l’application de la surcharge pour préserver leurs marges. « Dans un secteur composé à plus de 80% de PME/TPE, le rapport de force est profondément déséquilibré, poursuit l’OTRE. Trop souvent, les transporteurs se voient ainsi imposer formules, indices ou délais de répercussion qui ne compensent que partiellement, et tardivement, la hausse réelle de leurs coûts ».
Opération transparence demandée
Et les transporteurs ne se sentent pas soutenus par les pouvoirs publics pour faire valoir leur droit. Ainsi, une opération transparence est sollicitée au niveau l’application du mécanisme d’indexation par la Fédération Nationale des Transports Routiers (FNTR). Dans un communiqué, elle demande au gouvernement de lui communiquer le nombre de contrôles réalisés par la DGCCRF à la suite de signalements effectués par des transporteurs, le nombre de mises en demeure prononcés ou encore le nombre de sanctions engagées. « Les transporteurs ont le droit de connaître les résultats concrets de l’action de l’État pour faire respecter les dispositions prévues par la loi », indique la FNTR. Dans ce contexte, l’organisation souhaite être rapidement reçue par le Premier ministre pour lui faire part du désarroi et de la colère des transporteurs, sentiments d’autant plus exacerbés que « plus de quatre mois après les premières annonces gouvernementales, le décret relatif aux aides des mois de juin, juillet et août n’a toujours pas été publié et aucun versement n’a pu être effectué aux entreprises concernées ». Par la voix de son président Jean-Thomas Schmitt, l’Union TLF a fait savoir de son côté qu’elle souhaitait non seulement que soit respecté le mécanisme légal d’indexation du prix du carburant, mais aussi que soient suspendues les écotaxes régionales programmées dans le Grand Est et en Alsace en 2027. « La règle devrait être simple : pas de taxe française plus lourde et pas de norme française plus contraignante que chez nos concurrents européens », résume l’organisation représentative des métiers du transport et de la logistique. AD
Auteur :
Armindo Dias