« Les standards font-ils le bonheur » ? Cette année, le thème choisi par GS1 pour sa troisième université d’été, les 29 et 30 août, avait des faux airs de bac philo, l’ambiance conviviale en plus. « Notre réponse à nous GS1, c’est oui bien entendu, mais nous sommes ouverts au débat » a lancé d’emblée son directeur général Pierre Georget devant un auditoire d’environ 120 personnes réunies dans un amphi de l’Institut d’Economie et de Management de Nantes
L’économiste Philippe Moati, Directeur de recherche au Credoc, souligne chiffres à l’appui un paradoxe dans cette société hyper consumériste : « la consommation échoue à faire croître durablement le sentiment de bien-être »
De quoi faire réfléchir industriels et grands distributeurs, invités à « donner du sens » à la consommation
Certains s’y essayent déjà, notamment en matière de développement durable
Lors des tables rondes, personne d’ailleurs ne conteste le bien fondé de cette démarche. « Si on ne change rien, les experts estiment qu’il va falloir trois planètes comme la nôtre pour répondre à nos besoins en 2050 » précise Betrand Doyelle, Directeur qualité service clients de L’Oréal
Chez Casino, l’objectif est d’arriver à une consommation plus responsable en introduisant progressivement l’étiquetage environnemental, un indice carbone présent sur 36 produits depuis juin (100 en fin d’année et 500 à 600 en 2009). « Il faut rester humble, c’est un petit pas mais qui peut avoir un impact assez fort, notamment sur nos achats » déclare Philippe Imbert, Directeur qualité de Casino
Volontairement provocateur, le journaliste Olivier Dauvers, ne croit pas aux vertus de la sensibilisation, ni à celle de l’information pour basculer vers une consommation « citoyenne » de masse
Pour lui, seule la contrainte, douce (incitation) ou non (pénalisation, empêchement), peut aider le consommateur à changer ses habitudes. « Qu’on ne dise pas que les consommateurs ne sont pas prêts » réagit vivement Chantal Jaquet, ancienne directrice développement durable chez Carrefour, citant en contre exemple le succès rencontré par le café Max Havelaar et son commerce équitable. « Environnemental, sociétal, économique, ces trois sphères doivent être imbriquées dans une démarche de développement durable » lance-t-elle
Venu présenter son expérience chez Monoprix en matière de système de traçabilité des livraisons alimentaires, Alain Carini fait preuve pour sa part d’une logique imparable : « En traçabilité, les standards contribuent au bonheur si l’on considère que la santé est un élément du bonheur »
L’ancien directeur Supply Chain de la chaîne de supermarchés semble par ailleurs convaincu du succès futur de la vague bio : il vient de rejoindre cet été l’équipe de direction de Naturalia, l’enseigne de 38 magasins rachetée début juillet par Monoprix ! JLR
Photo : 120 participants à l’université d’été de GS1
