La notion de traçabilité ne date pas d’aujourd’hui dans l’agro-alimentaire. « Avec le numérique, il y a un enjeu autour de la structuration de multiples données et de leur partage afin de créer de la valeur pour les différents maillons de la chaine », a résumé Cédric Lecolley, en introduction de la table-ronde organisée par GS1 France, dont il assure la direction commerciale et marketing
Un sujet dont s’est saisi le groupe coopératif Terrena, présent dans l’Ouest de La France, particulièrement dans la filière avicole avec ses marques Père Dodu, Douce France, etc. « L’enjeu est de passer d’une vision fragmentaire, qui voit cohabiter des traçabilités réglementaire, sanitaire ou logistique, à une approche globale et uniformisée qui soit pertinente pour l’ensemble de la filière
De l’agriculteur au consommateur en passant par le transformateur ou le distributeur », a expliqué Claude Guillaumot, Directeur Qualité du groupe, en promettant un début de concrétisation lors du prochain salon de l’agriculture
Car pour cela, il faut des outils universalisables et un même canal de communication, et c’est un des enjeux du travail engagé depuis 18 mois sous l’égide de GS1 pour traduire en données numériques chaque événement de la chaine, comme cela déjà été fait avec le standard EPCIS pour le suivi de marchandises de l’usine au point de vente
Plus centré sur les questions de transport et de logistique, le témoignage d’Exprimis a levé le voile sur la solution de traçabilité que prépare l’entreprise pour optimiser la chaine propre aux fruits et légumes. « Le principe repose sur le scan des palettes à chaque étape et un suivi temps-réel de leur localisation par chacune des parties », a indiqué Mélodie Lericq, Chef de projet logistique chez Exprimis
La formule existe dans d’autres secteurs, mais elle a d’autant plus d’intérêt dans celui-ci où les produits sont rapidement périssables, les flux tendus et les variations de volumes importantes avec les saisons
Sans compter que ses acteurs sont de profils très différents, avec d’importantes différences de ressources ou de maturité en matière de process ou d’outils si l’on songe au producteur dont les fraises se retrouvent dans les rayons de la grande distribution
C’est d’ailleurs aux filières plus courtes que s’est attachée la dernière intervention
Jorge Osorio Bermudez, thésard aux Mines ParisTech, a présenté le travail qu’il mène sur l’application du concept d’Internet physique aux circuits courts. « L’enjeu est d’élaborer de nouveaux modèles logistiques permettant à ses acteurs d’aller vers une mutualisation des approches et des moyens sans pour autant perdre le lien social propre à ces circuits courts, en reprenant le principe d’un réseau ouvert, partagé et interconnecté comme l’est Internet »
L’étude réalisée auprès d’acteurs franciliens envisage des tournées communes à différents producteurs, menées en alternance ou en s’appuyant sur celui qui a le plus de ressources logistiques. MR