© S.Trouvé
Il n’y a pas de meilleure image que cette île de Kharg, au fin fond d’un Golfe Persique transformé en mare aux canards, pour illustrer l’impasse dans laquelle le monde entier se retrouve engagé. En bombardant vendredi les infrastructures militaires de ce plus grand terminal iranien d’exportation de pétrole brut, les Etats-Unis accentuent leur pression sur le régime des mollahs pour qu’il renonce à bloquer le détroit d’Ormuz. Et le risque est réel d’un ciblage par l’Iran des sites pétroliers d’autres pays du Golfe, avec la perspective d’une nouvelle envolée des prix du baril. Serait-on à l’aube d’un nouveau choc pétrolier comme en 1973 et 1979 ? Une fois n’est pas coutume, les chaînes d’info cherchent à rassurer : pour la France, la probabilité est « faible » car nous avons (soi-disant) réduit notre dépendance à l’or noir, « 95% de l’électricité ne provient plus d’hydrocarbures », les voitures sont moins énergivores, l’industrie (ce qu’il en reste) est plus efficace, et le pétrole est moins utilisé pour le chauffage. En extrapolant une analyse de l’américain Paul Krugman, « Nobel d’économie » en 2008, d’aucuns considèrent que « dans un Euro de PIB, il y a trois à quatre fois moins de pétrole aujourd’hui qu’en 1972 ». Mais qui peut croire que le « monde de machines » dans lequel nous vivons, même au « pays du nucléaire », n’est pas dû en très grande partie aux énergies fossiles, à commencer par le transport de marchandises et l’agriculture ? Certainement pas Jean-Marc Jancovici, le président du think tank The Shift Project et cofondateur du cabinet Carbone 4, qui n’a de cesse d’alerter sur l’urgence vitale de sortir de cette impasse d’ici 2050. En tant que spécialistes des flux physiques biberonnés à l’optimisation sous contraintes, n’avez-vous pas votre rôle à jouer mesdames et messieurs de la Supply Chain ? Rendez-vous pour en parler le 2 juillet au prochain Forum d’été ! A suivre… Jean-Luc Rognon
Auteur :
Jean-Luc Rognon