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Qui peut se vanter d’y voir toujours clair dans les droits de douane américains, amendés, modifiés, augmentés ou réduits au gré des humeurs du président Trump ? Le prochain revirement en date, selon le Financial Times, concernerait les produits en acier et en aluminium soumis à des droits de douane de 50% depuis cet été. L’administration américaine réétudierait la longue liste de produits soumis à ces tariffs pour en exclure certains, notamment pour l’électroménager, vu les tensions sur le pouvoir d’achat aux USA. On se souvient aussi, lors de la récente « séquence groenlandaise », de la menace brandie par le président américain d’imposer de nouveaux droits de douane à plusieurs pays membres de l’OTAN. Cette volatilité douanière orchestrée par les Etats-Unis, susceptibles d’entraîner des mesures réciproques de la part d’autres pays, a évidemment des conséquences bien réelles sur les supply chains globalisées, structurées dans un contexte de relative stabilité des réglementations. Du coup, dans les entreprises, le service douane historiquement chargé de déterminer le code SH (Système Harmonisé) de chaque produit et de s’occuper des formalités douanières, doit aussi désormais jouer un rôle nettement plus stratégique : celui de cartographier les risques, d’évaluer en quasi temps-réel l’impact économique de tel ou tel scénario, et d’aider la direction Supply Chain à imaginer des alternatives. Qu’il s’agisse de changer de routes en tous genre, d’ajuster la planification, ou de relocaliser la production. Sauf que l’incertitude est telle que la réponse la plus courante aujourd’hui est d’espérer une hypothétique stabilisation avant de se lancer dans des investissements. Attendre, mais jusqu’à quand ? Jean-Luc Rognon
Auteur :
Jean-Luc Rognon