La guerre des stocks contre celle des flux

© S.Trouvé

Demain, la 43ème édition du Salon international du transport et de la logistique (SITL) ouvrira ses portes avec pour fil rouge les « nouveaux territoires à conquérir ». La résonance militaire de la formule n’était pas l’intention première de l’organisateur du salon, RX Global, lorsqu’il a construit son programme qui renvoie aux « nouvelles approches » que la filière doit adopter dans la digitalisation, le développement durable, la mobilité, la logistique urbaine, la gestion des talents et dans leur essor à l’international. Cela dit, on ne peut s’empêcher de faire le lien avec ce qui se passe dans le Golfe Persique, dans un conflit où la supply chain joue un rôle central. Et je ne fais pas seulement allusion aux conséquences désastreuses du blocage du détroit d’Ormuz. En effet, comme le théorise Thierry Breton dans son récent article publié par la revue Le Grand Continent, l’issue de cette guerre « asymétrique » pourrait bien être déterminée par la différence d’approche logistique entre les deux camps. Côté israélo-américain, les stocks très coûteux d’intercepteurs de missiles sont très longs à reconstituer, ce qui impose une guerre relativement courte. Et côté iranien, selon l’ex-commissaire européen chargé du marché intérieur et du numérique, l’architecture industrielle aurait été pensée comme un flux continu pour tenir sur la durée, avec « une capacité soutenable d’au moins 100 missiles balistiques par mois sur plusieurs mois, ce qui reste très au-dessus du rythme de production occidental d’intercepteurs ». Sans compter la production très peu coûteuse de drones « souvent assemblés à partir de composants importés sur des sites de production facilement déplaçables ». L’Iran continuerait ainsi à s’approvisionner en composants électroniques et en précurseurs chimiques pour ses missiles, notamment via certains pays d’Asie centrale. Voilà qui éclaire d’un autre jour les bombardements israéliens de jeudi dernier sur des installations portuaires iraniennes en mer Caspienne. Alors, qui aura finalement le dernier mot, les flux ou les stocks ? Jean-Luc Rognon

Auteur :

Jean-Luc Rognon

30/03/2026

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