Arnaud Doly le fondateur et CEO de Nabu. ©Nabu
Attaché à digitaliser les processus douaniers et leurs fastidieux volets documentaires, Nabu et sa plateforme ad hoc avaient déjà tiré parti d’un pré-amorçage de l’ordre du million d’euros, à l’automne 2022 (voir NL 3634). Alors que le contexte des derniers mois a ravivé les tensions commerciales et remis en lumière ces enjeux douaniers, la start-up annonce une nouvelle levée de fonds de 3 M€ pour soutenir ses ambitions de devenir « le standard européen de la douane digitale ». Sa plateforme à base d’IA permet aux transitaires, représentant en douanes et autres spécialistes de l’import-export de gagner en efficacité en transformant automatiquement les documents et instructions clients en flux de données prêts à être soumis aux administrations douanières, à l’accélération des processus s’ajoutant une réduction drastique des erreurs. Si les investisseurs historiques de Nabu sont de la partie –dont le fonds Growth de l’armateur Maersk, le canadien Techstars ou ses business angels français et américains– ce tour de table voit entrer à son capital l’entreprise Getlink. L’ex Eurotunnel comptait déjà parmi les utilisateurs de sa solution, notamment au sein de son entité Getlink Customs Services. « Depuis le Brexit, Eurotunnel a enrichi son offre de transport d’une gamme de solutions et services sur le volet douanier, et vu la complexification croissante des échanges internationaux, la fluidité et la sécurité des échanges entre le Royaume-Uni et l’Europe sont structurants pour la supply chain européenne. En investissant dans Nabu et son IA au service des processus douaniers, Getlink nourrit son avantage compétitif sur la frontière intelligente », témoigne Julie Bagur, directrice Business Development chez Getlink. Au-delà, Nabu accompagne des acteurs de toute taille, sa plateforme permettant de répondre à des besoins opérationnels très variés. Et si près de la moitié des formalités traitées via Nabu sont déjà réalisées hors de France, les fonds levés visent justement à accentuer sa percée sur les marchés européens, ainsi qu’à poursuivre son développement produit pour « repousser les limites de ce qu’un outil douanier peut offrir en termes de performances, d’automatisation et d’expérience utilisateur, tout en étendant progressivement la plateforme à d’autres formalités de passage aux frontières, au-delà de la seule déclaration douanière », fait valoir la jeune pousse. MR
Auteur :
Maxime Rabiller