L’autoconsommation collective en action sur le PIPA

11.000 modules pour une puissance de 5,99 MWc, soit 5% du total installé sur le PIPA. Ceva Logistics a par exemple installé quelque 28,5 MWc en ombrières sur le parking de sa branche Véhicules. ©Parc Industriel de la Plaine de l’Ain

Susceptible de booster la taille des installations photovoltaïques sur entrepôt –sinon limitée par le talon de consommation du site– avec la perspective pour ses bénéficiaires d’une électricité verte et locale à un prix maîtrisé, l’autoconsommation collective (ACC) peine à percer en logistique. L’installation opérationnelle depuis deux mois sur le Parc Industriel de la Plaine de l’Ain permet d’en préciser les ressorts réglementaires ou contractuels, avec la particularité d’être une initiative du Syndicat Mixte gérant ce parc de 1.000 hectares et 185 entreprises, pour leurs proposer un nouveau service attrayant. Un foncier de 5,6 hectares du PIPA ouvrait l’opportunité d’une centrale au sol, la construction d’un bâtiment y étant prohibé par le plan de prévention des risques technologiques (PPRT).

« De l’idée initiale en 2021 au récent raccordement, il aura fallu quasi 5 ans pour concrétiser ce projet engagé alors que la réglementation n’était pas stabilisée, sans véritable référence en mode inter-entreprises en France, retrace Emilie Brot, la directrice du SMPIPA. Exemple : la puissance d’une installation était alors capée à 3 MWc, seuil relevé à 5 début 2025 (le choix de deux centrales de 3 MWc était déjà arrêté), et seuls pouvaient en bénéficier des utilisateurs dans un rayon de 2 km, avant une extension à 20 km. « Il a aussi fallu susciter l’intérêt des entreprises du parc, les plus petites étant sensibles à la sécurisation d’une partie de leurs besoins à un prix compétitif et stable, les gros acteurs plutôt à la contribution à leurs objectifs de décarbonation », poursuit-elle. Une attractivité également dynamisée par l’envolée des cours liée à la guerre en Ukraine.

Une répartition à clé

En pratique, il y a eu création d’une société de projet –Astrée Solar– au capital ouvert aux entreprises du parc, notamment chargée du montage financier, de définir les prix de revente, négocier les contrats avec les clients-utilisateurs… Cinq ont investi au côté du PIPA, couvrant ensemble 37% des 4,5 M€ du projet avec un complément de financement bancaire. Autre impératif : mettre en place une PMO, Personne Morale Organisatrice signataire de la convention d’ACC avec Enedis, qui définit et transmet la clé de répartition à appliquer aux volumes injectés dans le réseau, selon les engagements pris par chacune de la vingtaine d’entreprises ayant souscrit un contrat de 3 à 5 ans. Basse ou haute tension, les KWh en question leurs sont imputés aux prix fixés par Astrée Solar sur leur facture électrique globale. Sauf cas très exceptionnel, toute la production sera auto-consommée. MR

Auteur :

Maxime Rabiller

14/04/2026

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