Organisée hier sous l’égide du Club Déméter, la visite de l’entrepôt SPI de Saint-Vulbas s’est terminée sur le toit de ce bâtiment de 15 m de haut, équipé de panneaux photovoltaïques orientés est-ouest. ©JL Rognon
« La question de l’autoconsommation s’est posée dès le début du projet, d’autant que nous voulions avoir la possibilité de renvoyer virtuellement le surplus d’électricité vers deux autres sites du groupe SPI, à 2 km de là », a indiqué hier le CEO de SPI, Victor Emmanuel Vieilly, lors de la demi-journée « Électrification des Supply Chains » (voir Une). Le principe paraît simple : consommer l’énergie quand elle est la plus abordable (photovoltaïque) et stocker au maximum le surplus via des batteries pour les autres plages horaires. Mais cela implique non seulement de gérer très finement les onduleurs et autres équipements électriques du bâtiment (d’où le développement d’un réseau d’automates et de l’EMS) mais aussi de faire des choix structurants. À commencer par se restreindre à 70% d’autoconsommation. Pourquoi ? Parce que viser le 100% aurait entraîné non seulement de quasiment doubler le nombre de batteries, mais aussi de devoir réinjecter sur le réseau d’Enedis un important surplus d’électricité à un prix très bas (10€ du MWh), peu compatible avec l’investissement. Par ailleurs, en se limitant à 70% d’autoconsommation (donc à 30% d’énergie soumise aux prix du marché), SPI n’a besoin que de panneaux photovoltaïques sur deux des cinq cellules de l’entrepôt. Les trois autres en sont également équipées, mais pour le compte d’un tiers investisseur (qui exploite aussi les ombrières), ce qui a permis de financer les batteries (500 k€) et la mise en place de tous les panneaux en toiture.
Autre choix en matière de design, l’orientation est-ouest des panneaux solaires a été préférée à l’orientation plein sud (la plus efficace théoriquement) pour bénéficier de l’énergie solaire sur une plus longue partie de la journée. « Au final, à 70%, le prix de l’électricité revient à 130 à 135 € du MW, ce qui n’est pas hyper compétitif aujourd’hui, mais avec l’avantage d’être fixe quand tous les analystes prévoient un quasi triplement des prix du marché dans les années à venir » relève Nicolas Satin, le responsable RSE de SPI Group. JLR
Auteur :
Jean-Luc Rognon