« Notre lecture du marché reste lucide mais confiante », indique Olivier Durif, directeur Transaction Industrie & Logistique pour la France chez JLL. ©JLL
Le bilan 2025 dressé par JLL avait évoqué une « phase d’ajustement » au vu d’une demande placée de m² en léger recul de -4% l’an dernier (voir NL 4319), mais la situation s’est bien dégradée sur ce début d’année : avec 330.000 commercialisés au 1er trimestre, il atteint -67%, à un an d’intervalle. C’est un « ralentissement majeur » du marché logistique français que dénote Olivier Durif, directeur Transaction Industrie & Logistique pour la France chez JLL. « Ce n’est pas un effondrement de la demande, mais un report massif de décisions, tempère-t-il. Nos clients ont fait le choix de l’attentisme face à un environnement économique et géopolitique particulièrement instable ; les arbitrages sont devenus plus complexes, les validations internes plus longues, et de nombreux projets mûrs ont été gelés ». Leurs besoins logistiques n’ont cependant pas diminué, selon lui : « l’e-commerce continue sa progression, les supply chains se réorganisent, les normes environnementales s’imposent. Nous sommes convaincus que 2027 marquera un déblocage progressif, dès lors que la visibilité macro-économique s’éclaircira ». Leur interprétation dépendra de l’évolution des prochains trimestres, mais les chiffres sont là et le cap des 25 transactions a tout juste été franchi. Le segment intermédiaire 10-20.000 m² en a concentré 17 pour un total de 197.000 m², JLL soulignant « la flexibilité de ces formats, souvent privilégiés pour les stratégies de mutualisation et les réseaux régionaux ». Et si 7 opérations ont concerné de plus petites surfaces, seulement 2 ont été répertoriées au-delà des 20.000 m², de respectivement 32.000 et 61.000 m² (cette dernière pour un projet premium). Une preuve supplémentaire de la prudence des grands donneurs d’ordre sur les décisions structurantes. MR
Auteur :
Maxime Rabiller