Bien qu’historique dans le réseau logistique de Zalando, et largement automatisé, le site d’Erfurt fermera fin septembre 2026, sans compter trois autres fermetures relevant de partenaires 3PL.©Zalando
À Erfurt, au cœur de l’Allemagne, l’annonce hier par Zalando de la fermeture de son entrepôt XXL en septembre 2026 aura fait l’effet d’une douche froide au vu des 2.700 collaborateurs mobilisés en pic sur le site. Et ce n’est que la partie propre à Zalando d’un plan de réajustement de son réseau logistique pan-européen qui s’engage puisque trois autres sites opérés par des partenaires 3PL en dehors de l’Allemagne seront également fermés (sans précision quant aux sites et pays concernés à ce stade). Dans la success story du e-commerçant allemand lancé en 2008 avant de rapidement se hisser au 1er plan européen de la vente en ligne d’articles de mode et de lifestyle, cette annonce est présentée comme un « remodelage » nécessaire de ses capacités logistiques pour s’aligner sur l’évolution de la demande et poursuivre sa trajectoire sur la base d’un dispositif « future-proof ». Même si son modèle axé sur les marques –établies ou émergentes– résiste sans doute mieux que d’autres à la concurrence exponentielle des plateformes notamment chinoises (Shein en tête), Zalando aura constaté le décalage entre les prévisions de croissance qui avaient guidé ses investissements logistiques massifs ces dernières années et la courbe effective de ses ventes. La montée en charge de son entrepôt XXL ouvert fin 2024 dans le sud francilien est par exemple plus lente que prévue. Mais avec ces fermetures, il s’agit aussi d’acter les synergies logistiques découlant de son rachat à l’été dernier pour plus d’1 Md€ de son homologue allemand About You, sachant qu’à l’issue de cet ajustement, leur réseau commun comptera quand même 14 « fulfilment centres » répartis dans 7 pays. Le cas de celui d’Erfurt est cependant emblématique : ce site entrepris dès 2011 s’était rapidement étendu pour atteindre la jauge d’environ 130.000 m² qui a ensuite été répliquée sur d’autres projets en Allemagne, à Rotterdam, en France ou en Pologne. Mais son antériorité aura sans doute été son principal handicap pour évoluer vers le modèle opérationnel très automatisé des plateformes les plus récentes. MR
Auteur :
Maxime Rabiller