Le trieur aux 650.000 pochettes est omniprésent dans nombre de cellules, mais pas dans celle où une cellule robotisée de picking signée Nomagic devraient sous peu passer en mode opérationnel. ©Zalando
Les 300 M€ d’investissements annoncés par Zalando lors du sommet Choose France 2021 se sont concrétisés à Montereau-sur-le Jard, à 50 km au sud de Paris. Plus de 200.000 m² en développé (pour la moitié au sol) permettront à terme au leader européen de la mode en ligne de stocker jusqu’à 16 M de pièces –textile, chaussures et accessoires– et d’assurer plusieurs centaines de milliers de commandes/j pour ses clients en France et en Belgique. Réunis le 7 octobre autour de Zalando et son prestataire GXO, les dirigeants des collectivités et de l’État ont salué la dynamique collective qui aura porté ce projet « majeur et structurant pour ce territoire ».
Mais c’était surtout l’occasion d’une première visite officielle de ce vaisseau logistique très en pointe. S’il a assuré sa toute première expédition il y a deux ans, quid de sa montée en charge ? Elle est plus lente que prévu dans un secteur qui a ralenti, mais plus de 1.100 personnes y opèrent 6j/7 de 6 à 21h sous la gouverne du 3PL (moins de 500 en CDI, mais plusieurs dizaines supplémentaires chaque mois). Le site joue en tout cas son rôle dans le schéma logistique européen de Zalando, depuis peu stabilisé autour de 12 centres de distribution souvent XXL, une vingtaine en gestion des retours, et deux dédiés aux réceptions en masse de certains fournisseurs / marques (rôle que jouent aussi les DC, expédiant et recevant des articles de leurs homologues).
Une automatisation de 4ème génération
Confiée à Knapp, ici comme sur d’autres DC européens, l’automatisation se déploie depuis mi-2023 sur les vastes espaces de ce site multi-niveaux. En réception, chaque article se voit doté de son propre QL (Quality Label) matérialisé par un QR code qui en assure l’identification unitaire et le suivra sur tout son parcours, en lien avec le WMS-maison Zalos. Et selon son taux de rotation, la profondeur du stock de ce SKU, il est dirigé vers l’un des trois canaux de traitement. Celui qui saute aux yeux, avec quelque 650.000 pochettes circulant en hauteur sur 120 km de rail, c’est le Bag Sorter de Dürkopp (acquis par Knapp en 2020) qui gère les articles dont la disponibilité doit être maximale. Placés en bacs gris, d’autres articles à forte rotation sont dirigés vers un énorme système à navettes OSR qui gère 700.000 de ses bacs, avec 600 navettes pour desservir ses 7 niveaux (il peut stocker jusqu’à 3,5 M d’articles). Mais la profondeur du stock relève de process manuels, via de grands bacs orange alimentant les Pick Tower qui déploient leurs 5 niveaux de mezzanine sur trois des cellules.
Quant à la 4ème génération de cette automatisation Zalando, elle tient au principe One Streamer qui gère les articles traités par ces 3 canaux pour regrouper in fine ceux relevant d’une même commande, et tenir la promesse d’une livraison en un seul carton, une seule expédition (principe aussi mis en œuvre sur le DC de Giessen mis en opération en juin près de Francfort). En revanche, plus d’une demi-douzaine de ces DC font déjà une place à la start-up polonaise Nomagic, dans le cadre d’un partenariat visant à déployer une cinquantaine de solutions robotisées de ce spécialiste de l’automatisation du picking, sur de multiples cas d’usage. Sur le site français, une première est en test pour le prélèvement sur convoyeurs de boîtes à chaussures à placer en bacs orange, fruit de 18 mois de collaboration pour adapter la préhension à chaque type de boite, très diverses par leur mode d’ouverture, et optimiser leur dépose pour en placer jusqu’à une dizaine par bac. Et un autre robot est en installation pour un process similaire pour les bacs gris de l’OSR. Preuve s’il en fallait du work in progress qui prévaut sur site. MR
Auteur :
Maxime Rabiller
