Julien Calloud, le CEO de Savoye © Savoye
Après un premier discours en public pour ouvrir le Forum des Rois de la Supply Chain il y a 15 jours, Julien Calloud, le CEO de Savoye depuis huit mois, s’est adressé hier à la presse pour présenter les grandes lignes du plan stratégique sur 3 à 5 ans de ce concepteur, fabricant et intégrateur de systèmes automatisés et de solutions logicielles en intralogistique. En 2025, l’entreprise française a largement recomposé son « pack » de direction et fortement concentré ses implantations autour de Dijon au sein de son nouveau siège social de Longvic (40 M€ d’investissements), qu’elle inaugurera officiellement le 21 avril prochain avec sa halle de production et de stockage de 10.000 m² (solutions Intelis, PTS, Magmatic) et son centre d’innovation technique.
Ne plus vendre en direct en Asie du Sud-Est
La transformation va se poursuivre en 2026 dans l’objectif, à partir de 2027, d’atteindre une « croissance plus soutenue que le marché » sur toutes les géographies dans lesquelles Savoye est présente (soit 7 à 10% minimum selon les zones). Notamment en France, en Europe, au Moyen-Orient (en capitalisant sur les projets avec Apparel Group à Dubaï et CJ Logistics en Arabie Saoudite, livrés cette année), mais aussi aux Etats-Unis (via Savoye North America qui a pris son autonomie fin 2024 mais reste un partenaire privilégié), au Canada (via des partenaires comme GCL) ou dans le Pacifique (en Australie notamment, via Scott). Sur l’Asie du Sud-Est et en particulier la Chine, la nouvelle politique est de ne plus vendre en direct, mais d’intensifier la collaboration avec Zhongding Intelligent Technology, spécialisée sur l’intégration de solutions automatisées et robotiques (1.000 installations en Asie), et qui appartient tout comme Savoye au groupe chinois Noblelift, spécialiste des chariots élévateurs et des solutions intralogistiques. A noter qu’en 2024, les CA de Savoye et de Noblelfit étaient respectivement de 141,1 M€ de CA (hors Etats-Unis) et d’environ 900 M€.
Une collaboration renforcée avec Noblelift
« Ce nouveau cycle s’inscrit dans une collaboration assumée, active et renforcée avec notre groupe, Noblelift » a d’ailleurs précisé Julien Calloud. Même si « chacun garde son identité propre », il est notamment prévu sur 2026 d’ajouter au portefeuille de Savoye de nouvelles solutions en charge lourdes ou légères issues du groupe chinois (au sens large), à commencer par un système miniload haute vitesse (sans doute celui vendu en Asie sous la marque Zending) qui sera bientôt présenté en démonstration dans le centre d’innovation de Longvic. Cette ouverture plus large à l’intégration de solutions partenaires est d’ailleurs l’une des raisons qui ont conduit Savoye à lancer sa stratégie #OneDigital, qui consiste à regrouper toutes les expertises digitales et logicielles sous un même toit (management produit, product factory, technical factory et project factory) pour les WMS, TMS, OMS mais aussi WES et WCS, jusque-là du ressort des équipes liées aux solutions mécaniques. « L’objectif est d’avoir une vision générique digitale sur l’ensemble du process de pilotage, non seulement de nos propres solutions mais de l’ensemble des solutions partenaires que nous intégrons. Et aussi de pouvoir intégrer à terme cette couche de pilotage dans la suite logicielle Odatio » a indiqué le CEO de Savoye. Autre nouveauté de la nouvelle organisation, c’est la partie commerciale, avant-ventes et conception de systèmes qui pilote désormais l’ensemble des technologies en s’appuyant « en arrière-plan » sur les deux « cœurs de réacteur » que sont les divisions technique et digitale (#OneDigital). JLR
Auteur :
Jean-Luc Rognon