© S. Trouvé
Un goulet d’étranglement peut en cacher un autre. Certes, le blocage du détroit d’Ormuz et ses conséquences sur les cours du pétrole et du gaz font les gros titres, mais il existe un autre problème critique qui commence à impacter de nombreux secteurs, notamment ceux des médicaments et des dispositifs médicaux, du textile, de l’électronique, des pièces détachées automobiles et aéronautiques, ou encore du luxe. Bref toutes les supply chains qui, sans trop s’en vanter, font voyager leurs marchandises par avion.
Depuis une semaine, les hubs aéroportuaires de Dubaï, Doha et Abu Dhabi, qui constituent aujourd’hui une véritable plaque tournante du fret aérien entre l’Asie et l’Europe, sont quasiment à l’arrêt. Or songez qu’à elles trois, les compagnies Emirates, Etihad et Quatar Airways représentent environ 15% du fret aérien transporté dans le monde en 2025, et probablement le double sur les liaisons entre l’Asie et l’Europe ! Face à cette perte de capacité, les compagnies aériennes mettent en place des solutions alternatives passant par d’autres hubs ou en vol direct, mais cela rajoute des délais et évidemment des coûts.
Résultat, les taux de fret aérien sur le marché spot auraient déjà grimpé de 10 à 15% la semaine dernière et les freight forwarders rivalisent d’agilité et de créativité pour proposer à leurs clients des charters ou des routes inédites (par exemple une liaison sea-air via les Maldives, ouverte l’été dernier). Il faut dire que le temps presse car un gros pic d’activité des échanges Asie-Europe se profile d’ici une semaine ou deux : les usines du sud-est asiatiques auront à livrer le gros de leur production depuis la fin des fêtes du nouvel an chinois, le 23 février dernier… Jean-Luc Rognon
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Jean-Luc Rognon