« Pour une complémentarité du rail, de la route et du fleuve au service du transport de marchandises », tel était le thème du colloque organisé hier par le centre d’analyse stratégique (CAS) qui commença par un constat inquiétant : « Le mode routier reste fortement dominant dans l’organisation du transport de marchandises avec 88% de part de marché
Or son empreinte carbone est particulièrement importante : 93% des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports en 2011 […] La situation du fret ferroviaire est préoccupante
Il a reculé en France de près de 40% depuis 2000 […] En outre, dans le même temps, le transport combiné ferroviaire a diminué d’environ 70% », a rappelé Hervé Monange, Directeur général adjoint du CAS, en introduction
Un bilan heureusement, nuancé par la hausse de 8% du transport fluvial entre 2000 et 2011
Par ailleurs, Hervé Monange a expliqué que l’évolution attendue de certains déterminants économiques devraient jouer en faveur des modes alternatifs : la progression du prix du pétrole, l’importance croissante de la valeur de la tonne carbone dans notre économie, l’écotaxe poids lourds
Sans oublier d’appuyer là où ça fait mal : l’insatisfaction des chargeurs et des opérateurs vis-à-vis du fret ferroviaire, les handicaps de la voie d’eau (lenteur et taille des bateaux), les coûts d’interface élevés pour chaque transfert de charge entre les différents modes. « Nous devons donc transformer notre système de transport actuel pour l’orienter vers les modes alternatifs […] Nous proposons donc que dans le cadre de l’examen du SNIT (schéma national des infrastructures de transport, ndlr), soit examinée la rentabilité actuelle et future des différents services ferroviaires et fluviaux en prenant en compte l’hypothèse d’un doublement des prix du pétrole, afin de hiérarchiser les services les plus intéressants pour la collectivité », a annoncé en exclusivité Hervé Monange
Cette première proposition s’accompagne de deux autres recommandations, également émises par le CAS : « encourager le développement de plates-formes multimodales à valeur ajoutée par la mise à disposition de terrains fonciers, voire dans certains cas par des subventions, afin de renforcer la compétitivité des chaînes logistiques » et « étendre, dans la mesure du possible, les horaires de fonctionnement des réseaux de transport complémentaire à la route »
Mais compte tenu de la rareté actuelle des financements publics, Hervé Monange n’a pas manqué d’exprimer une certaine prudence. JF
Photo : Hervé Monange, Directeur général adjoint
du CAS ©JF
