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« Des actions locales finissent par constituer des dynamiques très fortes »

Suite de l’interview de Jean-André Lasserre, co-directeur d’InTerLUD+ (3/5, voir article précédent)

Supply Chain Magazine : En quoi consistent quelques-unes des 150 actions actuellement mises en œuvre par les collectivités grâce à InTerLUD+ ?

Jean-André Lasserre :  Une action, c’est un cahier des charges avec un objectif, un financement et un calendrier de partenariat. Je vais prendre quelques exemples. Dans une quinzaine de territoires, il y a eu un diagnostic très concret, basé sur une cartographie qui a consisté à inventorier l’offre d’aires de livraison et à déterminer si ces dernières étaient bien dimensionnées, situées au bon endroit et suffisamment sanctuarisées. Ce travail débouche sur la mise en place de schémas directeurs territoriaux qui déterminent où il manque des aires de livraison et où il faut les recalibrer. Et tout cela s’articule avec des règles de circulation et d’horaires d’accès qui parfois viennent « contredire » un peu le rôle de l’aire de livraison. Cette armature, cette infrastructure physique et immatérielle permet aux entreprises de jouer pleinement leur rôle dans la ville, quand elles ont des tournées à gérer, qu’elles ont besoin de temps et d’espace pour décharger des palettes pour la grande distribution, les commerces de proximité, l’hôtellerie-restauration, les hôpitaux, etc. Le même travail de mise en cohérence est mené pour les arrêtés de circulation, avec les entreprises du territoire concerné, les représentants des fédérations. Prenons un exemple d’une Communauté d’Agglomération, où l’une des communes découvre grâce au travail de concertation avec les professionnels, qu’il existe une contrainte qui bouleverse complètement la livraison de plusieurs commerces et les met en difficulté. La conclusion du maire a été aussitôt d’essayer de trouver des solutions en lien avec la police municipale et les entreprises concernées. C’est aussi ainsi que la démarche InTerLUD+ produit des résultats : des améliorations ciblées, rue par rue, accès par accès, qui finissent par constituer une dynamique collective très forte, celle d’une recherche constante de cet équilibre fragile entre performance environnementale, économique, qualité de vie et attractivité d’un territoire.

SC Mag : Vu de l’extérieur, on est tentés de se dire que 10 ans pour mettre en cohérence la logistique urbaine au niveau national, c’est long, non ?

J.-A. L. : Non, je ne pense pas, c’est le temps de l’appropriation, du diagnostic partagé, de la décision, du déploiement… L’objectif à terme est triple. C’est d’abord que la logistique urbaine soit désormais considérée comme étant une question importante à traiter dans les territoires urbains, de façon concertée. Le deuxième, c’est de parvenir à réunir les compétences, les méthodes de travail et les modes de gouvernance nécessaires, avec des élus référents pour porter le sujet. Le troisième objectif consiste à apporter des réponses locales aux besoins identifiés grâce aux chartes et aux plans d’actions qui en découlent. Il a été fait en sorte de traiter localement les besoins et enjeux qui ont émergé, tout en veillant à les inscrire dans des solutions plus globales. Il importe désormais d’étendre cette démarche à d’autres territoires, de construire des réponses qui s’inscrivent dans un socle national commun, tout en préservant un accompagnement adapté aux réalités locales.  (voir suite de l’interview)

Auteur :

Jean-Luc Rognon