Jean-André Lasserre, co-directeur d’InTerLUD+. ©DR
Alors que le renouvellement du programme InTerLUD+ (Innovations Territoriales et Logistique Urbaine Durable) reste encore incertain, son co-directeur Jean-André Lasserre revient sur la dynamique engagée avec tous les acteurs concernés et les leviers mobilisables. Piloté par le Cerema, Logistic Low Carbon (filiale de la Confédération des grossistes de France) et le cabinet de conseil en performance énergétique ROZO, en partenariat avec l’ADEME et en étroite relation avec la DGITM, DGEC), ce programme (InTerLUD de 2020 à avril 2023, puis InTerLUD+ depuis juin 2023) s’inscrit dans le dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE).
Supply Chain Magazine : Quel est l’enjeu d’un éventuel renouvellement du programme InTerLUD+ ?
Jean-André Lasserre : Aux côtés des collectivités, des fédérations professionnelles et des entreprises, le programme pourrait continuer à apporter sa pierre à l’édifice d’une logistique urbaine plus durable, adaptée aux réalités de chaque territoire. Il permettrait de prolonger le travail collectif engagé, de consolider les avancées et de les amplifier de façon significative jusqu’à les rendre irréversibles.
Son renouvellement nous donnerait également les moyens d’achever et de diffuser plus largement les outils communs en cours de développement, tout en accompagnant leur prise en main. Davantage de collectivités et de professionnels pourraient ainsi en bénéficier et les mobiliser.
SC Mag : Si InTerLUD+ est renouvelé, quelles seront les lignes directrices ?
.J.-A. L. : L’ambition serait de viser 140 EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) engagés dans la démarche, soit près de 80 de plus qu’actuellement, 500 actions concrètes mises en œuvre et 100 collectivités locales accompagnées dans le déploiement d’outils, que ce soit en métropole ou en outre-mer. C’est une logique de massification, de changement d’échelle pour qu’une logistique urbaine plus durable et collaborative trouve pleinement sa place dans les politiques locales, se pérennise, se matérialise. Nous aborderions également de façon plus significative des sujets comme l’exemplarité des collectivités dans leurs politiques d’achat, la disponibilité des arrêtés de circulation et leur mise en cohérence, l’intégration de la logistique urbaine dans la planification foncière et les politiques d’aménagement urbain, la résilience pour anticiper les situations de crise et les à-coups météorologiques, le développement des compétences, de l’acculturation des habitants, des élus… Il s’agirait de contribuer au franchissement d’un cap quantitatif et qualitatif au niveau national, dans toutes les agglomérations de plus de 80 000 ou 100 000 habitants en relation très étroite avec les deux CTLUD Acteurs Economiques et Acteurs Privés, la mise en place du Conseil National de Logistique Urbaine préconisée par Anne-Marie Idrac et Anne-Marie Jean dans leur rapport « Logistique urbaine durable », publié en février dernier. (voir suite de l’interview)
Auteur :
Jean-Luc Rognon
