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Le bilan des programmes InTerLUD et InTerLUD+

Suite de l’interview de Jean-André Lasserre, co-directeur d’InTerLUD+ (2/5, voir article précédent)

Supply Chain Magazine : Quel bilan tirez-vous des deux programmes InTerLUD puis InTerLUD+ depuis bientôt 7 ans ?

Jean-André Lasserre : La première étape a été un énorme travail de prospection dans les territoires pour les sensibiliser aux enjeux de logistique urbaine, les aider à établir des chartes de logistique urbaine plus durable associant collectivités, fédérations professionnelles et entreprises. Plus de 250 EPCI ont été contactés, on leur a proposé une méthode, un audit de maturité, un accompagnement sur les compétences, des outils numériques. Nous les accompagnons aussi financièrement sur le conseil en amont et le suivi des actions en aval. Nous avons travaillé à la mise en œuvre des plans d’action. Avec InTerLUD+, il y a eu une accélération, nous sommes passés à 62 territoires engagés dans le programme, soit une trentaine de plus qu’InTerLUD, la mise en œuvre des actions et le développement de « communs », des outils ayant vocation à être accessibles aussi bien aux territoires engagés dans le programme qu’à tous les autres.

Même si nous faisons du sur-mesure territorial, nous posons également les bases de socles communs, nous contribuons à homogénéiser les démarches, à les rendre plus accessibles, plus faciles à mobiliser. Au total, 3.000 acteurs économiques ont été impliqués dans les concertations, un quarantaine de territoires ont été accompagnés dans la mise en œuvre de leur charte et 150 actions opérationnelles sont en cours ou terminées.

SC Mag : Pouvez-vous nous partager quelques exemples concrets sur la nature des travaux qui ont déjà été engagés 

J.-A. L. : Commençons par le numérique. Dans une quinzaine d’EPCI et 324 communes, InTerLUD+ a permis de numériser quelque 6.400 arrêtés de circulation pour les marchandises et de caractériser 14.218 aires de livraison. On a repris les arrêtés existants qui n’étaient parfois ni accessibles ni connus, et on s’est proposé de les numériser, pour ainsi rendre l’information plus transparente et accessible, permettre ensuite de travailler sur la mise en cohérence des règles de circulation, de stationnement. Se pose aussi la question de la planification du foncier logistique. Nous aidons les territoires à identifier leurs besoins et les espaces qui pourraient être mis à disposition pour la logistique urbaine notamment le foncier de cœur de ville. Il faut les repérer, faire en sorte de les intégrer dans le PLU. Ensuite, sur le volet énergétique, il existe des travaux notamment sur le recensement des bornes de recharge et la conception de schémas directeurs permettant d’implanter les solutions d’avitaillement aux endroits les plus pertinents.

Ces travaux sont des marqueurs, même si leur réalisation prend parfois du temps avec au cœur de la démarche cette idée simple qu’il faut sans cesse rappeler : il n’y a de logistique urbaine plus durable que collaborative. Les fondations sont là, et l’étape suivante consiste à élargir, déployer plus encore, partager et évaluer pour progresser !

Nous avons également engagé des travaux de formation des techniciens et des élus, des enseignants du transport et de la logistique. C’est un volet essentiel pour inscrire les démarches dans la durée. Nous avons par ailleurs développé les outils au service d’une acculturation des élus et du grand public, qui va notamment se traduire concrètement par la diffusion d’un documentaire en huit épisodes sur le quotidien des conducteurs livreurs (messagerie, lot complet, produits frais, etc.) raconté par eux-mêmes, pour montrer l’importance stratégique de la logistique dans les territoires urbains, des cas d’usage dans la compréhension des enjeux. (voir suite de l’interview)

Auteur :

Jean-Luc Rognon