Des Supply Chains à moitié concernées par l’esprit COP21

2015, l’année charnière avec la signature en décembre du traité historique de Paris, à la COP21 par lequel 150 chefs d’état se sont engagés à mettre en place tous les mécanismes réglementaires nécessaires pour contenir le réchauffement planétaire « bien en deçà de 2°C »

Même si ce pacte n’entrera réellement en vigueur qu’en 2020, il apparaît aujourd’hui que la moitié des maillons des grandes Supply Chains mondiales ne se sentent pas vraiment concernés par le sujet

C’est ce que révèle l’étude Supply Chain Report 2015 rendue publique hier par CDP (anciennement Carbon Disclosure Project, une organisation à but non lucratif regroupant 75 multinationales (dont Dell Inc, L’Oréal Coca-Cola Company, Lego Group, Nestlé, Unilever, Toyota ou encore Wal-Mart Stores) et dont l’objectif est d’encourager les entreprises à mesurer et à réduire leur impact environnemental. En effet, seuls 4.000 sur les quelque 8.000 fournisseurs clés des Supply Chains de ces multinationales ont répondu l’année dernière au questionnaire envoyé par leurs clients respectifs et concernant leur émissions carbone et les stratégies envisagées pour réduire le risque climatique

C’est un peu inquiétant, d’autant que CDP estime que les Supply Chains de ces grands groupes émettent en moyenne au moins deux fois plus de gaz à effet de serre que leurs donneurs d’ordres respectifs

Certes, 72% des réponses reçues reconnaissent que le changement climatique représente un risque qui pourrait significativement impacter leur activité (notamment avec les taxes sur le carburant, l’énergie et le carbone) mais ils ne sont que 45% des répondants à s’être fixé des objectifs pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (le pourcentage le plus important est en Europe) et seulement 34% affirment avoir déjà des résultats durant l’année passée

Ils sont encore moins nombreux à mesurer et gérer les risques au niveau de leur consommation en eau, qui pourrait pourtant représenter l’un des aspects les plus critiques du risque climatique. Mais il y a de l’espoir : il apparaît que ceux ayant déjà participé aux études de CDP durant les trois dernières années ont une démarche plus avancée que ceux qui y répondent pour la première fois

Aidé en cela par BSR, un réseau mondial d’entreprises et d’expertise dédié au développement durable, CDP conseille plus que jamais aux multinationales de tenir compte dans leurs décisions d’achat du facteur environnemental et des objectifs stratégiques en matière d’émissions de GES.
Lors de la prochaine étude, qui sera publiée en 2017,
CDP va d’ailleurs aller un cran plus loin puisqu’il va lancer,
à partir des résultats de ses questionnaires, un classement
des grandes multinationales portant sur la manière
dont elles managent le changement climatique dans leur Supply Chain. JLR